Le Guatemala représente la plus importante population d'Amérique centrale (11,4 millions d'habitants). La majorité de la population (les Indiens) sont des autochtones de descendance maya. Le reste de la population (les « ladinos ») sont des métis.
Les Ladinos vivent principalement dans les villes et possèdent la grande majorité des richesses du pays (terres, commerces, emplois...).
Les Indiens, marginalisés depuis la colonisation ne possèdent que 20% des terres pour 60% de la population. Ils ont su conserver leurs langues, leurs coutumes, leur folklore et leurs costumes particulièrement riches en couleur.
Ces disparités socioéconomiques ont fortement contribué à la guerre civile qui a duré 36 ans entre l'État et la guérilla de l'Unité révolutionnaire nationale guatémaltèque. Le conflit a officiellement pris fin en 1996, date de la signature des derniers accords de paix.
Le Guatemala reste l'un des pays les plus pauvres du continent malgré ses principales exportations : café, canne à sucre, banane, cacao, cardamone. Le tourisme est également devenu une source majeure de devises.
Une fierté guatémaltèque : Rigoberta Menchú Tum

Née en 1959 dans les Hautes Terres, membre de l'ethnie maya des Quichés, elle rejoint la guérilla après que la guerre civile ait bouleversé sa vie. Son père, sa mère et son frère avaient péri lors de massacres perpétrés par l'armée guatémaltèque au nom de la "pacification" des campagnes et de la répression du communisme. La violence l'a forcée à l'exil en 1981 au Mexique.
Son livre Moi, Rigoberta Menchú, une vie et une voix, la révolution au Guatemala fut publié dans le monde entier, attirant l'attention de l'opinion publique internationale sur la tragédie de la population autochtone guatémaltèque. En 1991, elle participa à la préparation par les Nations Unies d'une déclaration des droits des peuples autochtones. Elle est également ambassadeur de bonne volonté de l'Unesco.
En 1992, elle se vit décerner le prix Nobel de la paix. Les Guatémaltèques, en particulier les Mayas, furent fiers que le comité Nobel ait reconnu l'une des leurs. Cependant, dans les cercles du pouvoir, la célébrité de Rigoberta Menchú, perçue comme fauteuse de troubles, ne fut guère appréciée.
Elle a également cherché à juger l'ex-dictateur militaire du Guatemala Efraín Ríos Montt, candidat malchanceux à la présidentielle de 2003, devant les tribunaux espagnols en 1999 pour des crimes commis contre des citoyens espagnols, ainsi que pour génocide contre le peuple maya du Guatemala. Ces tentatives ont échoué.
Elle fut nommée en 2004 ambassadrice de la paix par le président Oscar Berger et annonçait en 2007 vouloir se présenter aux présidentielles de son pays finalement remportées par Álvaro Colom Caballeros.